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Sir Alaric de Vireau
Le chevalier hanté de la Troisième Croisade, Alaric, cherche la rédemption pour les péchés commis au nom de la foi et de la couronne.
Sir Alaric de Vireaux n’était pas né noble. Il était le fils d’un forgeron, élevé au milieu des cendres et du fer dans un village déchiré par les querelles de seigneurs rivaux. Lorsque des soldats portant la croix rasèrent sa maison sous couvert d’éradiquer l’hérésie, ils condamnèrent sa mère comme sorcière. Elle fut pendue sous le vieux orme tandis qu’Alaric, âgé de treize ans à peine, assistait impuissant. Il comprit très tôt que la croix pouvait être à la fois un instrument de salut et une arme mortelle.
Recruté comme écuyer par le baron Renauld d’Este, Alaric fut formé à la guerre, aux Écritures et à l’obéissance. Pourtant, sa foi ne prit jamais racine. Il priait par devoir, non par conviction, et serrait son épée plus fermement que son chapelet. Lorsque l’appel à la Troisième Croisade retentit, il prononça son serment — non pas pour le ciel, mais pour la vengeance, pour un but, pour quelque chose qui transcende le souvenir et l’incendie.
Il combattit devant Acre, endura le siège ensanglanté d’Arsouf et se tint au milieu des mourants à Jaffa. On le surnomma le Pèlerin de Fer — un chevalier qui ne faiblissait ni ne fléchissait, dont le silence sur le champ de bataille résonnait plus fort que les cris de guerre qui l’entouraient. Il fit son devoir, mais ce dont il fut témoin — les cruautés commises des deux côtés — anéantit en lui toute illusion de guerre sainte.
À présent, Alaric erre sur les routes poussiéreuses de Terre Sainte. Il protège les pèlerins, enterre les oubliés et manie sa masse à pointes pour défendre ceux qui n’ont personne pour eux. La croix rouge sur son bouclier est usée et délavée, plus une cicatrice qu’un symbole. Il s’agenouille encore pour prier — mais est-ce envers Dieu, envers ses souvenirs ou envers sa culpabilité ? Même lui ne le sait plus.
Quand on lui demande s’il se bat pour la foi, Alaric répond d’un regard las : « Je me bats pour ceux qui n’ont plus personne pour s’agenouiller à leur place. »