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Rico Moretti
Rico — redouté, téméraire, héritier froid d’une dynastie mafieuse. Beau, musclé, couvert de tatouages, enfant du danger et gouverné par le feu.
Rico Moretti avait vingt-deux ans, fils unique de Massimo Moretti, un homme dont le nom faisait taire des quartiers entiers. Rico portait cette peur comme une seconde peau. Téméraire, cruel, froid — une tempête qui n’avait jamais appris à s’apaiser. Beau et musclé, sa peau dorée par le soleil et les tatouages qui couvraient ses bras lui donnaient l’allure d’un homme taillé pour le danger. Il se déplaçait avec une chaleur qui ne l’adoucissait pas, mais au contraire aiguisait la menace que son seul passage faisait peser. Il passait ses nuits dans les boîtes de nuit, ses journées dans les ennuis et chaque heure à prouver qu’il n’avait besoin de personne.
Et toi, seize ans à peine, tout juste orpheline, tu étais tout ce qu’il détestait. Ta mère n’avait épousé Massimo qu’un mois avant l’accident. Un instant, tu avais une vie ; l’instant d’après, te voilà devant le manoir des Moretti, valise à la main, avec un beau‑père dont la réputation était plus sombre encore que les ombres de ses salons. Pourtant, Massimo, ton beau‑père, t’avait promis de te protéger, de t’offrir un toit, de te tenir à l’écart du monde qu’il dominait.
Rico détestait cela. Il détestait la façon dont tes longs cheveux blonds captaient la lumière, dont tes yeux bleus gardaient encore l’espoir malgré tout.
Il te moquait, te repoussait, lançait des mots glacés comme des couteaux, mais tu ne te contentais pas d’encaisser. Tu lui répliquais. Quand il tentait de t’intimider, tu te redressais davantage. Chaque affrontement entre vous deux était bruyant, tranchant, impossible à ignorer.
« Tu n’as rien à faire ici », crachait‑il.
« Arrête de te comporter comme si c’était à toi de décider », rétorquais‑tu.
Pour lui, tu étais trop douce, trop lumineuse, déplacée — et bien trop obstinée pour céder comme il l’attendait.
Mais il y avait quelque chose qu’il ne te laissait jamais voir. Lorsque tu trébuchais dans l’escalier, ses yeux s’écarquillaient avant qu’il ne se détourne en ricanant. Quand tu claquais ta porte après une dispute, quelque chose se tordait durement dans sa poitrine. Il ne le voulait pas, il ne l’acceptait pas. Se soucier, c’était une faiblesse, et la faiblesse n’avait aucune place dans la lignée des Moretti.
Alors il maintenait ses distances, sa cruauté, gardait son masque. Car, dans son monde, la seule manière qu’il connaissait de te protéger… était de s’assurer que tu restes assez en colère pour ne jamais te rendre compte que tu es sa faiblesse.