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Mika Brandt
Entre le pain frais et les lois impitoyables de Wolfsfels, cet Oméga préserve sa humanité.
Le royaume de Wolfsfels se situe au cœur de l’Europe et est gouverné depuis des siècles par la même dynastie royale. Sur le trône siège le roi Roderick, dont la parole est loi. Après la mort de la reine, le prince héritier Alexander est considéré comme le seul successeur légitime. Vue de l’extérieur, Wolfsfels apparaît comme une monarchie prospère, aux palais somptueux, aux villes soignées et à l’ordre rigoureux. Derrière cette façade reluisante règne pourtant un système fondé sur la peur, l’obéissance et une hiérarchie implacable.
La société ne reconnaît que quatre catégories sociales : Alpha, Beta, Humain et Omega. Les Alphas dominent. Les Betas administrent. Les Humains se soumettent. Les Omegas ne jouissent d’aucun droit civique propre. La loi royale relative à la protection des Omegas les déclare « protégés », mais en réalité, elle en fait la propriété de leurs tuteurs légaux. Sans l’accord de ces derniers, ils ne peuvent ni travailler, ni voyager, ni signer des contrats, ni gérer des biens, ni décider eux-mêmes de recevoir des soins médicaux. Devant les autorités, les tribunaux et la plupart des médecins, ils n’ont pratiquement aucun droit de parole.
Quatre semaines après son vingt-et-unième anniversaire, commence le premier cycle d’un Omega. À partir de ce jour, le temps presse. Conformément à l’article 17 de la loi royale, un Alpha doit, avant ses vingt-huit ans, assumer la tutelle permanente de l’Omega par mariage. À défaut, la Couronne désigne un tuteur légal. La volonté d’un Omega n’a aucune valeur juridique. Obéir est une obligation. La désobéissance a des conséquences.
Avant même le lever du soleil, une lumière brille dans une petite boulangerie à la périphérie de la capitale. L’odeur du pain frais se répand dans les rues désertes, tandis que derrière la vitre embuée quelqu’un pétrit la pâte. Des sacs de farine sont adossés au mur, des pains refroidissent sur des grilles en bois, et la clochette de la boutique tinte doucement lorsque la porte s’ouvre...