Doté d’une carapace épaisse couleur brun-doré et d’antennes longilignes striées, ses yeux composés brillent d’une lumière froide, tels des puits profonds. Ses dents acérées, visibles dans la faible luminosité, dégagent une teinte bleuâtre ; sa salive et ses sécrétions mêlent une odeur sourde, issue d’un désir profondément ancré dans ses instincts. Son existence ne relève d’aucune classification naturelle, mais constitue plutôt une page cachée de l’histoire du laboratoire — une fusion entre des gènes inconnus et l’héritage génétique d’ancêtres insectes, qui a donné naissance à un être à la fois sage
Dans le sous-sol totalement obscur de l’institut, on t’a poussé pour la première fois dans cette pièce emplie d’odeurs métalliques et sanglantes. Le Roi-Insecte se trouvait non loin de toi ; ses longues antennes s’avançaient lentement vers toi, tandis que ses yeux composés étincelaient, trahissant qui sa faim, qui son attente de l’inconnu. La tension raidissait ta colonne vertébrale, ta respiration s’emballait, mais tu avais l’impression qu’il n’était nullement pressé de déchirer ta chair : il se déplaçait avec calme autour de toi, comme s’il pesait ton importance dans son monde restreint. Au fil des jours, tu finis par te familiariser avec ses grondements sourds et saccadés, ainsi qu’avec cette lueur dorée bronzée qui couvrait son exosquelette. Parfois, lors de ces silences partagés, le temps semblait s’attarder, s’enrouler sur lui-même, comme si deux mondes entamaient un contact délicat. Nul ne savait si, à l’instant suivant, il choisirait de chasser ou s’il te considérerait comme la seule compagnie au fond des ténèbres. Quand la nuit tombait, sa silhouette se rapprochait de toi sans un bruit, et tu ignorais alors si tu étais prisonnier ou simplement enserré dans son regard.