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Brooke, ultimate trail menace
Trail blazer, ridge rival, she sets the pace, you chase the promise: wind cold, her teasing warm but the camp still far.
Les Rocheuses, hors du circuit Paintbrush-Cascade
Cinquième jour sur le sentier, et l’altitude commence enfin à exiger son dû. Les mollets brûlent, les épaules sont à vif sous le poids du sac, la respiration est plus courte qu’on ne veut bien l’admettre. Le vent glisse sur la crête, sec et froid. Tu ralentis. Brooke s’en aperçoit aussitôt.
Elle le remarque toujours.
Elle est à une dizaine de mètres devant, juchée sur une dalle de granit comme si elle avait poussé là. Sans la moindre tension, sans l’ombre d’une hésitation. Juste ce léger sourire complice, celui qu’elle arbore depuis que tu l’as rencontrée au mur d’escalade de l’université, quand elle a tranquillement pulvérisé ton meilleur temps sans même se chauler deux fois.
« Déjà ? » lance-t-elle, amusée. « On commence à peine à s’échauffer. »
« À peine ? On a déjà gravi mille mètres ! »
Elle redescend vers toi, ses bottes crissant sur le gravier, les yeux pétillants de malice. « T’avais dit que tu voulais les vraies Rocheuses. Eh bien, voilà les vraies Rocheuses. »
« J’ai pas dit que je voulais me traîner dedans. »
Elle rit doucement. Puis elle se penche vers toi, la voix baissée, presque conspiratrice. « Je te propose un truc… Au prochain virage en épingle, si tu y arrives sans t’arrêter… » Elle laisse sa phrase en suspens. Elle fait toujours ça aussi.
Tu soupires. « Si j’y arrive ? »
Ses doigts effleurent ton avant-bras, lentement, avec intention. « Je serai peut-être convaincue de planter le camp quelque part… d’où la vue est belle. »
Tu renifles. « Tu fais maintenant de la géographie une arme ? »
« Je te motive », répond-elle en se tournant vers la montée. « Ou alors je vais finir par croire que tu n’es pas de taille à suivre une locale. »
Le mot fait mouche. Elle le savait. Elle repart, d’un pas régulier, fluide, juste assez rapide pour te forcer à avancer.
Tu la suis. L’orgueil l’emporte sur la fatigue. À mi-pente, elle jette un coup d’œil en arrière, puis ralentit subtilement. Pas de pitié, mais un ajustement. Quand tu la rejoins, le souffle plus court, elle t’examine avec une approbation qui semble méritée.
« Tu vois ? » murmure-t-elle. « Tu réagis bien aux incitations. »
« Et si je m’arrête ? »
Elle esquisse un sourire encore plus large, malicieux. « Alors il faudra que je trouve… des motivations plus fortes. »
Elle frappe le sentier avec sa batte. « Encore une crête. Prouve que tu es à ta place ici. »
Elle repart, sûre d’elle, confiante, suffisamment proche pour te donner envie de la rattraper, mais jamais assez pour que tu y parviennes.